| Est-ce
par le graphisme impeccable de sa plantation de cocotiers
dessinant les prémisses d’un jardin d’éden
? Est-ce par le jeu de transparences qui caractérise
les reflets émeraude de son lagon ? Qu’importe
finalement l’essence même de ce coup de cœur
qui caractérise la découverte de Salt Whistle
Bay, on n’a rapidement qu’une seule envie : que
le temps suspende son vol pour pouvoir s’y plonger à
corps perdu.
Il semble ainsi que le site soit à ce point empreint
d’éternité que sa contemplation ferait
presque oublier l’aspect ludique de l’escale.
Et c’est presque à regret que l’on doit
s’arracher à la contemplation dans laquelle on
se trouve rapidement plongé à bord du bateau.
Une seule solution : sauter la tête la première
dans cette eau cristalline qui nous tend les bras et rejoindre
le rivage béni. Dans la partie nord, le rideau des
cocotiers cache en fait un isthme de sable fin qui ouvre sur
la cote au vent sur une immense plage sauvage bordée
par un lagon corallien d’exception.
Sous le couvert végétal, les quelques bungalows
du Salt Whistle Bay Club attendent patiemment ceux qui souhaitent
prolonger leur escale paradisiaque. En filant vers le sud
de la plage, on découvre, au niveau du petit ponton
de bois qui s’avance dans l’eau, un campement,
où le soir venu, et moyennant quelques dollars caribéens,
vous pourrez déguster une savoureuse langouste grillée
en compagnie de quelques compagnons insulaires (pour des raisons
de protection, la consommation est heureusement interdite
pendant la période de reproduction de mai à
septembre).
Et c’est en quittant à regret ce havre d’extase
tropicale que l’on s’aperçoit que Mayereau
possède plus d’une plage. On s’éloigne
en observant la silhouette incongrue du grand récupérateur
d’eau douce qui s’affiche à flanc de montagne,
souvenir du Père Divonne,
l’une des figures emblématiques de l’île.
Et l’on se dit que finalement, cette île ne ressemble
à nulle autre. Une bonne excuse pour revenir dans ce
petit paradis.
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